24 juillet 2006
Lettre d’un témoin juif au Liban, Pour faire taire les menteurs
Le témoignage d'un juif sur cette sale guerre.
Pour faire taire les menteurs!
Témoignage de Willy Beauvallet , membre du Bureau National de l'Union Juive Francaise pour la Paix
Le Liban, une nouvelle Palestine.
En visite familiale au Liban où réside la famille de mon épouse, j'assiste en direct et avec douleur aux évènements actuels. Alors que le pays compte plus de 120 morts au moment où ces lignes sont écrites, il n'est pas sûr que les Européens aient bien pris conscience de l'ampleur des destructions et des meurtres qui sont commis ici depuis plusieurs jours par l'armée israélienne. Elle fait ainsi payer à l'ensemble des habitants le rapt de deux soldats israéliens que le Hezbollah comptait échanger contre une partie des prisonniers arabes croupissant par milliers dans les prisons de la « seule démocratie du Proche-Orient » et dont aucun président, aucun premier ministre, aucun député, en Europe ou aux Etats-Unis, ne s'est encore préoccupé. Aucun d'eux ne s'est précipité, tout au long de ces années, pour demander leur « libération immédiate ». Aucun d'eux ne s'est soucié ce faisant, de désamorcer l'un des fondements de cette crise et de rétablir un peu la balance. Faire payer aux Libanais ce rapt et le soutien d'une large partie de la population à la « résistance », faire payer aux leaders politiques le fait de n'avoir pas pris le risque, depuis le départ des Syriens, d'une nouvelle guerre civile pour désarmer le Hezbollah, leur faire payer l'hésitation qu'ils ont manifesté à accepter de jouer, ce faisant, ce rôle auquel on a tenté de réduire l'Autorité Palestinienne, celui d'une police intérieure au service des intérêts israéliens ou occidentaux dans la région, ce sont sans doute là les raisons de cette agression sanglante de l'armée israélienne. Même si elle prend fin rapidement, il faudra des années pour effacer les traces des destructions dont cette armée s'est rendue coupable ces derniers jours. Bien que ces propos ne pèsent pas lourd face à la désinformation qui domine en Europe dès qu'il est question du conflit entre Israël et ses voisins, il faut redire que l'armée israélienne est seule responsable de cette furie destructrice que rien ne justifiait. S'il a enlevé deux soldats, le Hezbollah n'a pas porté atteinte à leur vie et il n'a attaqué les zones civiles israéliennes qu'en réponse aux bombardements aussi massifs qu'incompréhensibles de populations civiles au Liban Sud, dans les banlieues Sud de Beyrouth, à Baalbek et presque partout ailleurs. « Inadmissible » ou pas, cet enlèvement autorisait-il la destruction d'un pays entier ? Oui sans doute, quand on considère que les Arabes "ne comprennent que ça" (chercher la filiation…). Par ailleurs et quoiqu'on vous en dise ici, je vous assure qu'il n'y aucune commune mesure entre les roquettes tirées par le Hezbollah et les puissantes bombes incendiaires des Israéliens qui s'abattent nuit et jour sur les villes, les immeubles (des bombes incendiaires pour plus de « dégâts »), les ponts, les usines. Au demeurant, on n'a toujours pas entendu dire que l'armée de la Honte avait réussi à neutraliser des combattants du Hezbollah. Les civils, apparemment, suffisent. De préférence musulmans et surtout chiites, mais personne ici n'est à l'abri. Pas même le Premier Ministre. Comme en Palestine au même moment, les meurtres de civils, hommes, femmes, enfants, les meurtres délibérés de familles entières se multiplient. Ils ont débuté bien avant que les premiers morts ne se comptent en Israël. Parmi les dizaines de morts et les centaines de blessés dont de très nombreux enfants, au moins 3 familles de 7 à 9 personnes ont ainsi été décimées dans le sud du Liban dès les premières heures de l'opération en cours et de nouvelles informations de ce type se succèdent régulièrement sur les TV allumées en permanence. Dans certaines régions du Sud, les bilans ne sont pas encore connus avec précision, les informations circulant de plus en plus difficilement entre cette région et le reste du pays. Nous savons seulement que l'armée israélienne y a utilisé des bombes au phosphore, que les bombardements sont continus, que les cibles sont indifférenciées et que tout le monde est terrorisé. Dans tout le pays, les destructions des infrastructures civiles sont systématiques. Les routes et autoroutes, les ponts, les aéroports, les ports mais aussi des réserves de carburants, des stations services, des centrales électriques, des barrages électriques, toutes ces infrastructures sont systématiquement pulvérisées ou mises hors d'usage. Depuis deux jours, ce sont aussi les casernes de pompiers (à Tyr où des habitants s'étaient réfugiés), les casernes militaires (à Tripoli), les usines même alimentaires (l'usine Liban Lait près de Baalbek a été détruite cette nuit) qui sont prises pour cible. La présence sur les routes d'une foule de familles, de touristes et de travailleurs étrangers tentant de fuir le sud vers le nord, ou le Liban lui-même vers la Syrie n'empêche pas ces routes d'être bombardées et de nombreuses personnes y ont laissé leur vie. Après que des tracts largués par l'aviation israélienne aient poussé les habitants d'un village à le fuir en vue d'une prochaine attaque, des habitants se sont dirigés vers les locaux des Nations Unies pour obtenir protection. Après le refus des « soldats de la paix », ces personnes sont parties sur les routes, vers le Nord où le bombardement de leur véhicule a tué 22 personnes et, à nouveau, décimé toute une famille. En quelques jours, des années de reconstruction physique, politique et psychologique ont volé en éclat. Alors que le pays, d'années en années tentait difficilement de se relever de sa guerre civile, c'est à nouveau l'image du chaos qui envahi l'écran. Le sentiment terrible que toute cette folie destructrice n'aura jamais de fin. Que tout sera encore et toujours à recommencer, à reconstruire pour être à nouveau réduit en pièce par un Etat sans honneur ni dignité, seulement préoccupé de maintenir les sociétés voisines dans un sous développement qui le rassure sur l'illusion de sa propre supériorité et de sa sécurité. Après la destruction de la Cisjordanie il y a quelques années, de Gaza aujourd'hui, la puissante armée israélienne sème à nouveau la mort et la destruction au pays du Cèdre, toujours sous le regard des dirigeants européens qui ne semblent craindre qu'une chose : qu'Alain Finkelkraut ne les désigne comme « antisémites » parce que « trop critique envers Israël ». Alors que les autres pays du Moyen-orient semblent sagement attendre que leur tour arrive, les dirigeants français quant à eux abandonnent les Libanais. S'ils furent prompts à imposer la fin du protectorat syrien au Liban, ils les laissent aujourd'hui mourir sous les bombes israéliennes.
Que vont devenir les nôtres ? C'est la question angoissante que tous ceux qui ont de la famille ou des amis au Liban se posent maintenant, en priant Dieu d'épargner leur vie et en pleurant tout ce gâchis, toute cette dévastation aussi inutile que cruelle. Les dirigeants israéliens promettent que leur guerre criminelle sera longue. Le Hezbollah promet des ripostes à la hauteur des crimes commis par les militaires israéliens. Les hôpitaux sont pleins, les médicaments manquent, l'Etat, l'armée, les services publics semblent paralysés et commencent déjà à être directement pris pour cibles. Le prix des produits alimentaires a commencé à augmenter. Certaines denrées essentielles vont bientôt se faire rares. Les ports et les routes étant coupés ou détruits et le blocus toujours actif, l'approvisionnement des villes va très rapidement devenir difficile. L'essence ne va pas tarder à manquer et avec l'essence, l'électricité puis l'eau potable, ce qui est déjà le cas dans certaines villes. Après le départ des travailleurs saisonniers, les agriculteurs ne trouvent plus d'ouvriers pour cueillir les fruits. Tous les projets de constructions sont arrêtés, les magasins, les restaurants, les rues sont vides. Beaucoup de personnes ont cessé de travailler. Le chômage risque maintenant d'augmenter très rapidement. La faillite menace les nombreuses personnes qui ont investis ces dernières années dans divers projets commerciaux. La pauvreté grandissant et l'Etat s'affaiblissant, on ne peut que craindre que les processus de replis communautaires et le clientélisme sur lequel ils s'appuient vont s'accentuer. Ce sont l'ensemble des équilibres sociaux, politiques et économiques, déjà instables, qui sont menacés. C'est le chaos qui, plus que jamais, menace aujourd'hui le Liban.
Détruire pour détruire, isoler, diviser, désespérer, semer puis entretenir la haine, appauvrir voir affamer : tandis que les dirigeants américains et britanniques ont fait de l'Irak un nouveau Liban, les dirigeants israéliens font aujourd'hui du Liban une nouvelle Palestine, avec la complicité passive sinon active des dirigeants français et européens. Il est 22h00, ce 16 juillet. Les murs tremblement. Aux grondements sourds ddes avions répondent les explosions. Elles ont lieu a quelques kilomètres (Chtura, Baalbek, Saad Nayel, Rayak…), mais le souffle menace de faire exploser les vitres de la maison. Le père de ma femme s'amuse de nos airs effrayés et ne semble pas s'inquiéter. Depuis 30 ans, il en a vu d'autres. On se réfugie dans les coins, loin des vitres, avec notre pour mettre notre fils de 9 mois. Hady porte bien son nom. Il semble calme et serein. Avec un air mi-amusé mi-étonne, il regarde les voisins d'en haut, très agites, venus se réfugier ici. Avec sa maman, nous lui chantons des chansons et je le fais rire pour ne pas qu'il s'inquiète. La nuit sera longue, avec deux ou trois alertes de ce type. Sa jeune tante de 12 ans, en age de comprendre, a peur mais tente de se contenir ses larmes. Que Dieu les protégent.
Dans quelques jours sans doute, les services français organiseront notre sortie. Nous mettrons notre fils a l'abri. Devrons-nous laisser sa jeune tante seule se réfugier dans les coins de la maison avec ses parents ? "Seulement les Européens" m'a rétorquée la personne a l'ambassade.
Quel monde pourri.
Willy Beauvallet Zahlé, Liban - 17 juillet 2006
Commentaires
Pourri...
le mot est faible
je lis en ce moment vos mots. il m aide a mieux comprendre l actualite puisque aujourd hui il n est plus possible de sinformer correctement.
je suis loin des bomdes en ce moment, dans un des centres du monde liberal, la ville de osaka.
j ai du mal a imaginer avec les richesses qui sont devant mes yeux que des familles trembles sous les tirs. cette richesse a soif de misere pour continuer a vivre. le gros probleme et la.
je ne suis pas tres cultive et je ne connais donc pas le fond du probleme juif mais je me demande toujours comment ce peuple qui se vente d avoir tant souffert, qui expose en permanence sa croix a pu devenir aussi faciste. il se referme completement sur lui, n aime personne et ne cherche qu a dominer les autres
je vis a paris et la communaute juive et grande. j ai travaille pour eux un temps et j ai etait effraye de leurs comportements.
j evite aujourd hui de travailler pour eux, jai peur de devenir raciste.
je pense a vous et a votre famille et je jette quelques etoiles dans le ciel pour qu elles surveillent vos vies
bien a vous
commentaire
je voudrais vous féliciter et vous souhaiter bonne chance et vous dire que je suis musulman je n'ai pas de haine envers aucune communauté mais je pense aussi que comme certains islamistes ont su développer une islamophobie d'autres communautés religieuses peuvent le faire contre elles aussi. je voudrais tellement que ça cesse et à mon avis ce sera par l'application du droit international, par l'eviction des 2 poids 2mesures et par le fait de faire comprendre aux arabes qu'Israel n'a pas d'impunité .comment? par des sanctions par des menaces de la part de la communauté internationale .
comment voulez vous me convaicre sinon alors qu'on veut mettre une force internationale du seul coté libanais , alors que seuls les pays arabomusulmans ont des resolutions avec obligation d'application etc....
chez nous tout le monde pense que l'occident se prosterne devant Israel et sort ses griffes contre nous .
il faut que ça change
Quelle horreur
Merci pour ce témoignage... c'est vrai que les journaux européens sont très orientés. Ils ne parlent que des morts israëliens, des roquettes du Hezbollah... alors que...
merci
Merci a vous tous pour tenter de rétablir un peu la verité. Moi je suis francais et comme tous les europeens ou presque, je ne suis que de loin et par ce qu on veut bien nous laisser entendre, ce conflit qui se deroule sur les terres du Moyen orient. Je dis conflit, mais on peut se demander si ce mot ne peut pas tout simplement etre remplacé par 'écrasement' du Liban par l´armée de Tsahal. la guerre est bien volontairement appliquee par Israel, soutenu par les Etats unis, et bien evidemment par l´Europe. Les Arabes nous font si peur! Je me demande pourquoi. est-ce qu on voudra bien un jour reconnaitre le droit de vie à tous ces peuples, qu ils soient de Palestine, du Liban, de Syrie, d´Irak...?
On a vu l´imbecilité de la presence americaine et britannique en Irak: on se demande encore ce qu ils font la bas. Vous avez raison de dire que Israel a un gouvernement fasciste. Je dis bien le gouvernement et pas le peuple. Parce que comme toujours ce sont les gouvernements les plus puissants qui sont en faute et pas ceux qu on voudrait nous faire croire.
Si je regarde avec mes yeux d´europeen ceres un peu naif, le masscre qui se deroule au Liban, c est un peu comme si la France bombardait et envahissait l´Espagne sous prétexte que l´Eta aurait fait explosé un ou deux bombes à Biarritz ou ailleurs dans le pays basque francais.
A l heure ou en Europe, nous nous efforcons à reconnaitre les particularismes regionaux; la dignité des peuples et de leur identité nationale nést meme pas respectée sur des terres qui ne sont finallement pas si loin de nous ( de l´europe).
Oui, l´Europe et (Israel qui semble etre le pays occidental au milieu des terres d´Orient)vivent de l´appauvrissement et des divisions incessantes des autres pays du monde. La richesse de l´Europe et des Usa tient sur cet écrasement continu des peuples orientaux, africains, sud-américains, et j en oublie... que lÓccident perpétue sciemment. Quel monde infâme!
Il est temps que l´ordre en change.
merci pour votre analyse
Quand il faut dénoncer des crimes,il n'y a pas à hésiter (juif-musulman même combat).
Je crains pour israel et en particulier pour les juifs innocents.Qui sème le vent récolte la tempète.
Bonjour,
Bienvenue au nouveaux lecteurs.
Je reviendrais vers vous afin de commenter, dans un premier temps permettez moi de préciser que je ne suis aucunement l'auteur de cette poignante lettre.Il m'a juste parru interréssant de publier sur ce blog le ressenti d'une personne de confession juive quand aux terribles évènements que subit le peuple Libanais.
Je ne peux que vous dire bravo pour votre temoignage, mais malheureusement ces pinokio des temps modernes continuent à berner tout le monde et soutenir contre vent et marée la folie meurtrière de s rejetons de sharon, je crois même dans son comas c'est un enfant de coeur à coté de ceux qui donnent actuellement les ordres pour le désordre, qui ne peut que servir les interêts des américains.
lE peuple juive ne sera que perdant à long terme, surtout s'il cautionne les agissements des politicards et militaites assoifés du sang des peuples des payés qui n'epousent pas leur vision.
Salut
Bienvenue à bord.
Je constate qu'il y a encore des gens raisonnables.
Et ils sont légion même en Israel.
T'as raisons ns avons les mêmes lectures, et c'est tant mieux.
Ce témoignage est boulverssant, il décrit bien la situation au proche orient en ce moment. Ce qui est saisissant ce qu'il vient de la part d'un juif. Même les juifs reconnaissent l'atrocité de cette boucherie. Alors quand est ce les pays arabes vont réagir?
Mamouche,
J'ai laissé un commentaire commun pour toi et cruci dans son espace.
Merci de partager avec nous ce témoignage et surtout d'apporter un regard intéressant sur ce qui se passe.
merci de partager ce témoignage avec nous ..çà nous apprend des choses.
quoique comme il a dis çà reste un monde pourri sale du sang des enfants innoncents.
le monde va très mal
Peace ..salam
Réponse aux réponses
Bonjour à tous et merci pour vos réactions,
A ce monde pourri que nous imposent les régimes politiques et militaires israelo-américains, avec la complicité passive sinon active des gouvernements européens, nous, militants anti-colonialistes, devons puiser dans auprès des notres, au coeur de nos religions ou de nos traditions, la force notre résistance et de notre alliance pour maintenir la lumière d'un monde meilleur. Le régime politico-militaire actuel en Israel est un régime raciste, militariste et terroriste n'est pas celui des rescapés de la shoah. Ces rescapés n'ont jamais dirigé le régime israélien et la mémoire de ce qu'ils ont enduré appartient à l'humanité tout entière. Contrairemement à ce qu'il prétend, le régime politico-militaire israélien n'hérite pas de la souffrance des juifs, des tziganes et de tous ceux que l'Europe a fait souffrir, il est le produit des idéologies colonialistes et nationalistes de l'Europe des XIX et XXème siècle. Il n'a rien à voir avec le judaïsme dont il viole jour après jour les traditions ancestrales. Ensemble et avec les militants anti-colonialistes israéliens, palestiniens, libanais, nous devons travailler à son isolement complet sur la scène internationale et libérer les sociétés israéliennes, libanaises, palestiniennes des désastres et des crimes dont il est responsable.
Que Dieu accorde la victoire et la paix aux justes et aux innocents de toutes les nations.
A bientôt
Willy.
Merci
Merci mamouche de contribuer à montrer que la situation n'est pas bêtement binaire (juifs contre arabes)et qu'il y a parmi les juifs des personnes qui se battent pour améliorer la condition des palestiniens et des libanais.
Bonne continuation
Waki
http://cryzalid.blogspot.com
une recherche
Bonjour Monsieur,
je suis libanaise d'origine et je recherche des juifs qui auraient vécu en bon terme avec la population, qui exerçaient des petits métiers et disparus depuis. C'est mon point d'orgue que de vouloir montrer qu'au delà des intérêts politiques, une amitié peut exister entre nous. Merci de répondre.
E.E.
Israel's right to be racist
by Joseph Massad, The Electronic Intifada
Israel's struggle for peace is a sincere one. In fact, Israel desires to live at peace not only with its neighbours, but also and especially with its own Palestinian population, and with Palestinians whose lands its military occupies by force. Israel's desire for peace is not only rhetorical but also substantive and deeply psychological. With few exceptions, prominent Zionist leaders since the inception of colonial Zionism have desired to establish peace with the Palestinians and other Arabs whose lands they slated for colonisation and settlement. The only thing Israel has asked for, and continues to ask for in order to end the state of war with the Palestinians and its Arab neighbours, is that all recognise its right to be a racist state that discriminates by law against Palestinians and other Arabs and grants differential legal rights and privileges to its own Jewish citizens and to all other Jews anywhere. The resistance that the Palestinian people and other Arabs have launched against Israel's right to be a racist state is what continues to stand between Israel and the peace for which it has struggled and to which it has been committed for decades. Indeed, this resistance is nothing less than the "New anti- Semitism".
Israel is willing to do anything to convince Palestinians and other Arabs of why it needs and deserves to have the right to be racist. Even at the level of theory, and before it began to realise itself on the ground, the Zionist colonial project sought different means by which it could convince the people whose lands it wanted to steal and against whom it wanted to discriminate to accept as understandable its need to be racist. All it required was that the Palestinians "recognise its right to exist" as a racist state. Military methods were by no means the only persuasive tools available; there were others, including economic and cultural incentives. Zionism from the start offered some Palestinians financial benefits if they would accede to its demand that it should have the right to be racist. Indeed, the State of Israel still does. Many Palestinian officials in the Palestinian Authority and the Palestine Liberation Organisation have been offered and have accepted numerous financial incentives to recognise this crucial Israeli need. Those among the Palestinians who regrettably continue to resist are being penalised for their intransigence by economic choking and starvation, supplemented by regular bombardment and raids, as well as international isolation. These persuasive methods, Israel hopes, will finally convince a recalcitrant population to recognise the dire need of Israel to be a racist state. After all, Israeli racism only manifests in its flag, its national anthem, and a bunch of laws that are necessary to safeguard Jewish privilege, including the Law of Return (1950), the Law of Absentee Property (1950), the Law of the State's Property (1951), the Law of Citizenship (1952), the Status Law (1952), the Israel Lands Administration Law (1960), the Construction and Building Law (1965), and the 2002 temporary law banning marriage between Israelis and Palestinians of the occupied territories.
Let us start with why Israel and Zionism need to ensure that Israel remains a racist state by law and why it deserves to have that right. The rationale is primarily threefold and is based on the following claims.
Jews are always in danger out in the wide world; only in a state that privileges them racially and religiously can they be safe from gentile oppression and can prosper. If Israel removed its racist laws and symbols and became a non-racist democratic state, Jews would cease to be a majority and would be like Diaspora Jews, a minority in a non-Jewish state. These concerns are stated clearly by Israeli leaders individually and collectively. Shimon Peres, for example, the dove of official Israel, has been worried for some time about the Palestinian demographic "danger", as the Green Line, which separates Israel from the West Bank, is beginning to "disappear ... which may lead to the linking of the futures of West Bank Palestinians with Israeli Arabs". He hoped that the arrival of 100,000 Jews in Israel would postpone this demographic "danger" for 10 more years, as ultimately, he stressed, "demography will defeat geography".
In December 2000, the Institute of Policy and Strategy at the Herzliya Interdisciplinary Centre in Israel held its first of a projected series of annual conferences dealing with the strength and security of Israel, especially with regards to maintaining Jewish demographic majority. Israel's president and current and former prime ministers and cabinet ministers were all in attendance. One of the "Main Points" identified in the 52-page conference report is concern over the numbers needed to maintain Jewish demographic and political supremacy of Israel: "The high birth rate [of 'Israeli Arabs'] brings into question the future of Israel as a Jewish state ... The present demographic trends, should they continue, challenge the future of Israel as a Jewish state. Israel has two alternative strategies: adaptation or containment. The latter requires a long-term energetic Zionist demographic policy whose political, economic, and educational effects would guarantee the Jewish character of Israel."
The report adds affirmatively that, "those who support the preservation of Israel's character as ... a Jewish state for the Jewish nation ... constitute a majority among the Jewish population in Israel." Of course, this means the maintenance of all the racist laws that guarantee the Jewish character of the state. Subsequent annual meetings have confirmed this commitment.
Jews are carriers of Western civilisation and constitute an Asian station defending both Western civilisation and economic and political interests against Oriental terrorism and barbarism. If Israel transformed itself into a non-racist state, then its Arab population would undermine the commitment to Western civilisation and its defence of the West's economic and political interests, and might perhaps transform Jews themselves into a Levantine barbaric population. Here is how Ben Gurion once put it: "We do not want Israelis to become Arabs. We are in duty bound to fight against the spirit of the Levant, which corrupts individuals and societies, and preserve the authentic Jewish values as they crystallised in the [European] Diaspora." Indeed Ben Gurion was clear on the Zionist role of defending these principles: "We are not Arabs, and others measure us by a different standard ... our instruments of war are different from those of the Arabs, and only our instruments can guarantee our victory." More recently, Israel's ambassador to Australia, Naftali Tamir, stressed that: "We are in Asia without the characteristics of Asians. We don't have yellow skin and slanted eyes. Asia is basically the yellow race. Australia and Israel are not -- we are basically the white race."
God has given this land to the Jews and told them to safeguard themselves against gentiles who hate them. To make Israel a non-Jewish state then would run the risk of challenging God Himself. This position is not only upheld by Jewish and Christian fundamentalists, but even by erstwhile secular Zionists (Jews and Christians alike). Ben Gurion himself understood, as does Bill Clinton and George W. Bush, that: "God promised it to us."
It is important to stress that this Zionist rationale is correct on all counts if one accepts the proposition of Jewish exceptionalism. Remember that Zionism and Israel are very careful not to generalise the principles that justify Israel's need to be racist but are rather vehement in upholding it as an exceptional principle. It is not that no other people has been oppressed historically, it is that Jews have been oppressed more. It is not that no other people's cultural and physical existence has been threatened; it is that the Jews' cultural and physical existence is threatened more. This quantitative equation is key to why the world, and especially Palestinians, should recognise that Israel needs and deserves to have the right to be a racist state. If the Palestinians, or anyone else, reject this, then they must be committed to the annihilation of the Jewish people physically and culturally, not to mention that they would be standing against the Judeo-Christian God.
It is true that Palestinian and Arab leaders were not easily persuaded of these special needs that Israel has; that it took decades of assiduous efforts on the part of Israel to convince them, especially through "military" means. In the last three decades they have shown signs of coming around. Though Anwar El-Sadat inaugurated that shift in 1977, it would take Yasser Arafat longer to recognise Israel's needs. But Israel remained patient and became more innovative in its persuasive instruments, especially its military ones. When Arafat came to his senses and signed the Oslo Accords in 1993, he finally recognised Israel's right to be racist and to legally discriminate against its own Palestinian citizens. For that belated recognition, a magnanimous Israel, still eager for peace, decided to negotiate with him. He, however, continued to resist on some issues. For Arafat had hoped that his recognition of Israel's need to be racist inside Israel was in exchange for Israel ending its racist apartheid system in the occupied territories. That was clearly a misunderstanding on his part. Israeli leaders explained to him and to his senior peace negotiator Mahmoud Abbas in marathon discussions that lasted seven years, that Israel's needs are not limited to imposing its racist laws inside Israel but must extend to the occupied territories as well. Surprisingly, Arafat was not content with the Bantustans the Israelis offered to carve up for the Palestinian people in the West Bank and Gaza around the Jewish colonial settlements that God had granted the Jews. The United States was brought in to persuade the malleable leader that the Bantustan solution was not a bad one. Indeed, equally honourable collaborators as Arafat had enjoyed its benefits, such as Mangosutho Gatcha Buthelezi in Apartheid South Africa. It was no shame to accept it, President Clinton insisted to Arafat at Camp David in the summer of 2000. While Abbas was convinced, Arafat remained unsure.
It is true that in 2002 Arafat came around some more and reaffirmed his recognition of Israel's need for racist laws inside the country when he gave up the right of return of the six million exiled Palestinians who, by virtue of Israel's racist law of return, are barred from returning to the homeland from which Israel had expelled them while Jewish citizens of any other countries obtain automatic citizenship in an Israel most of them have never before seen. In an op-ed piece in The New York Times, Arafat declared: "We understand Israel's demographic concerns and understand that the right of return of Palestinian refugees, a right guaranteed under international law and United Nations Resolution 194, must be implemented in a way that takes into account such concerns." He proceeded to state that he was looking to negotiate with Israel on "creative solutions to the plight of the refugees while respecting Israel's demographic concerns". This however, was not sufficient, as Arafat remained unpersuaded of Israel's need to set up its racist apartheid in the occupied territories. Israel had no choice but to isolate him, keep him under house arrest, and possibly poison him at the end.
President Abbas, however, learned well from the mistakes of his predecessor and has shown more openness to Israeli arguments about its dire need to have a racist apartheid system set up in the West Bank and Gaza and that the legitimacy of this apartheid must also be recognised by the Palestinians as a precondition for peace. Abbas was not the only Palestinian leader to be beguiled. Several other Palestinian leaders were so convinced that they offered to help build the infrastructure of Israeli apartheid by providing Israel with most of the cement it needed to build its Jews-only colonies and the apartheid wall.
The problem now was Hamas, who, while willing to recognise Israel, still refused to recognise its special needs to be racist inside the Green Line and to set up an apartheid system inside the occupied territories. This is where Saudi Arabia was brought in last month in the holy city of Mecca. Where else, pondered the Saudis, could one broker an agreement where the leadership of the victims of Israeli racism and oppression can be brought to solemnly swear that they recognise their oppressor's special need to oppress them? Well, Hamas has been resisting the formula, which Fatah has upheld for five years, namely to "commit" to this crucial recognition. Hamas said that all it could do was "respect" past agreements that the PA had signed with Israel and which recognised its need to be racist. This, Israel and the United States insist, is insufficient and the Palestinians will continue to be isolated despite Hamas's "respect" for Israel's right to be racist. The condition for peace as far as Israel and the US are concerned is that both Hamas and Fatah recognise and be committed to Israel's right to be an apartheid state inside the Green Line as well as its imposition of apartheid in the West Bank and Gaza. Short of this, there will be no deal. The ensuing summit between Condie Rice, Ehud Olmert and the exalted PA President Abbas was spent with Olmert interrogating Abbas on how much he remains committed to Israel's need for apartheid in the occupied territories. A minor replay summit was concluded on the same basis a few days ago. Abbas had hoped that the two summits could coax Israel to finalise arrangements for the Bantustans over which he wants to rule, but Israel, understandably, felt insecure and had to ensure that Abbas himself was still committed to its right to impose apartheid first. Meanwhile, ongoing "secret" Israeli-Saudi talks have filled Israel with the hope and expectation that the Arab League's upcoming summit in Riyadh might very well cancel the Palestinian right of return that is guaranteed by international law and affirm the inviolability of Israel's right to be a racist state as guaranteed by international diplomacy. All of Israel's efforts to achieve peace might finally bear fruit if the Arabs finally concede to what international mediation had already conceded to Israel before them.
It should be clear then that in this international context, all existing solutions to what is called the Palestinian-Israeli "conflict" guarantee Israel's need to maintain its racist laws and its racist character and ensure its right to impose apartheid in the West Bank and Gaza. What Abbas and the Palestinians are allowed to negotiate on, and what the Palestinian people and other Arabs are being invited to partake of, in these projected negotiations is the political and economic (but not the geographic) character of the Bantustans that Israel is carving up for them in the West Bank, and the conditions of the siege around the Big Prison called Gaza and the smaller ones in the West Bank. Make no mistake about it, Israel will not negotiate about anything else, as to do so would be tantamount to giving up its racist rule.
As for those among us who insist that no resolution will ever be possible before Israel revokes all its racist laws and does away with all its racist symbols, thus opening the way for a non-racist future for Palestinians and Jews in a decolonised bi-national state, Israel and its apologists have a ready-made response that has redefined the meaning of anti-Semitism. Anti-Semitism is no longer the hatred of and discrimination against Jews as a religious or ethnic group; in the age of Zionism, we are told, anti-Semitism has metamorphosed into something that is more insidious. Today, Israel and its Western defenders insist, genocidal anti-Semitism consists mainly of any attempt to take away and to refuse to uphold the absolute right of Israel to be a racist Jewish state.
The writer is associate professor of modern Arab politics and intellectual history at Columbia University. His latest book is The Persistence of the Palestinian Question; Essays on Zionism and the Palestinians. This commentary was originally published by Al-Ahram Weekly and is reprinted with the author's permission.
c'est ca la verite, beaucoup d'hypocrisie!!!!!
recherche
Bonjour,
je suis journaliste et je travaille actuellement sur la communaute juive au Liban. Je cherche des familles juives qui vivent ici. Quelqu'un pourrait m'aider?
merci d'avance
carolinebourgeret@yahoo.fr
à caroline
si tu cherches encore :demande à ce bâtard qui s'appelle OLMERT
Parution d'ouvrage "TEMOIN AU LIBAN AVEC LE HEZBOLLAH"
Dans le prolongement du temoignage de Willy Beauvallet, j'ai le plaisir de vous
annoncer la parution de mon livre intitulé "TÉMOIN AU LIBAN AVEC LE
HEZBOLLAH" chez L'Harmattan. je suis ouvert aux débats que ce livre ne
manquera pas de susciter et je vous remercie d'en diffuser l'information.
Cordialement,
Thierry Levy
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=27346
TÉMOIN AU LIBAN AVEC LE HEZBOLLAH
Thierry Levy-Tadjine
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE GÉOPOLITIQUE, RELATIONS INTERNATIONALES,
DIPLOMATIE MAGHREB, MONDE ARABE, MOYEN ORIENT Liban
Quelle image a-t-on des chiites libanais en France et en Occident ? Quels
sont les points de ressemblance entre théologies chrétiennes et chiites ?
Le Hezbollah mérite-t-il les diabolisations que lui prête le Gouvernement
Bush ? Quels étaient les enjeux de la guerre d'Israël au Liban à l'été
2006 ? Quelles en sont les conséquences au Liban aujourd'hui ? Peut-on
s'appeler Lévy et soutenir le Hezbollah ?
ISBN : 978-2-296-06619-9 • novembre 2008 • 130 pages
version numérique (pdf image-texte) : 3 617 Ko
Prix éditeur : 13 € / 85 FF
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